{"id":50,"date":"2018-11-01T08:02:51","date_gmt":"2018-11-01T07:02:51","guid":{"rendered":"https:\/\/terebellum.fr\/?p=50"},"modified":"2025-11-25T01:13:00","modified_gmt":"2025-11-25T00:13:00","slug":"allo-iss-ici-la-terre-bonjour-les-cinephiles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terebellum.fr\/index.php\/2018\/11\/01\/allo-iss-ici-la-terre-bonjour-les-cinephiles\/","title":{"rendered":"Allo l&rsquo;ISS, ici la Terre ! Bonjour les cin\u00e9philes\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;16 levers de Soleil&nbsp;\u00bb <em>(Lecture: 6 mn)<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"320\" height=\"427\" src=\"http:\/\/terebellum.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Affiche-16leversdesoleil-e1764029327632.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-82\" style=\"width:272px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Allo l\u2019ISS, ici la Terre&nbsp;! Bonjour les cin\u00e9philes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Jeudi 10 octobre dernier le d\u00e9collage de la fus\u00e9e Soyouz MS-10, qui devait permettre d\u2019emmener l\u2019astronaute am\u00e9ricain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexe\u00ef Ovtchinine vers la Station spatiale internationale (ISS), a connu une extinction inattendue du moteur du 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9tage apr\u00e8s le largage des boosters. Apr\u00e8s un peu plus de 2 minutes de vol, \u00e0 1750 km\/h et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plus de 100 km d\u2019altitude, l\u2019\u00e9quipage a d\u00fb interrompre son ascension et proc\u00e9der \u00e0 un atterrissage de secours qui s\u2019est fort heureusement bien pass\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la proc\u00e9dure. Les spationautes ont pu \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sains et saufs dans le d\u00e9sert du Kazakhstan, pr\u00e8s de la ville de Jezkasgan \u00e0 400 km du lieu de d\u00e9collage apr\u00e8s un court vol balistique. Le parachute de freinage sert aussi ces situations inattendues.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est \u00e9tonnant est que les voyages habit\u00e9s vers l\u2019espace et en ce moment surtout vers la Station spatiale sont devenus tellement banals que cet incident est pass\u00e9 inaper\u00e7u dans la presse en tout genre ou au pire n\u2019a fait l\u2019objet que d\u2019un entrefilet. Ironie du sort, les cin\u00e9mas en France diffusaient la m\u00eame semaine le film de Thomas Pesquet, <a>\u00ab&nbsp;16 levers de Soleil&nbsp;\u00bb<\/a>. Et c\u2019est en fait de ce documentaire que je voulais vous parler initialement. L\u2019actualit\u00e9 nous rappelle donc que ces voyages technologiques sont loin d\u2019\u00eatre naturels et qu\u2019ils repr\u00e9sentent une vraie prouesse technique jamais d\u00e9pourvue de risques et de dangers, loin s\u2019en faut&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab 16 levers de Soleil \u00bb est un film, une \u0153uvre du cin\u00e9aste Pierre-Emmanuel Le Goff qui a suivi Thomas Pesquet, le dernier en date des spationautes fran\u00e7ais, avant et apr\u00e8s ses p\u00e9rip\u00e9ties spatiales en mettant \u00e9galement bout \u00e0 bout les enregistrements de celui-ci pendant son s\u00e9jour dans l\u2019espace. Notre spationaute avait d\u00e9coll\u00e9 de Ba\u00efkonour le 17 novembre 2016 pour rejoindre \u00e0 bord d\u2019une fus\u00e9e Soyouz la Station spatiale international (ISS). A bord, il est rest\u00e9 en orbite \u00e0 450 km pendant presque 200 jours. Il y a partag\u00e9 son temps entre la r\u00e9alisation d&rsquo;exp\u00e9riences scientifiques et la maintenance de la station spatiale. Quatre sorties dans l&rsquo;espace furent m\u00eame programm\u00e9es pour permettre \u00e0 notre champion national de se jeter dans le vide interplan\u00e9taire.<br>Le film de Pierre-Emmanuel Le Goff d\u00e9marre avec des sc\u00e8nes film\u00e9es avec une cam\u00e9ra de poche dans le d\u00e9sert du Kazakhstan \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit peu de temps apr\u00e8s le retour des cosmonautes sur Terre. Le ballet \u00e9trange des h\u00e9licopt\u00e8res et les techniciens qui secouent la capsule vide avant son rapatriement donnent le ton de ce documentaire d\u2019un voyage onirique, \u00e9trange mais profond\u00e9ment romantique. En toile de fond, Thomas Pesquet tisse lentement entre lui et ses lectures des \u00e9crits de Saint-Exup\u00e9ry dont il a emport\u00e9 les \u0153uvres compl\u00e8tes, un dialogue qui d\u00e9marre dans un taxi parisien pour s\u2019\u00e9teindre dans un jeu de saxophone que notre voyageur entonne devant les hublots de son vaisseau qui surplombent une terre d\u00e9cid\u00e9ment bien fragile.<br>La cam\u00e9ra de Pierre-Emmanuel Le Goff reste discr\u00e8te, filme de loin comme un regard indiscret l\u2019intimit\u00e9 des derniers repas en famille, les longs adieux aux amis, puis les nombreux rituels et embrassades des techniciens, ing\u00e9nieurs et responsables russes avant le d\u00e9collage. Il r\u00e8gne en permanence une intensit\u00e9 humaine profond\u00e9ment chaleureuse, une ambiance familiale comme si l\u2019adieu vers le voyage dans l\u2019espace n\u2019\u00e9tait autre qu\u2019un mariage et non un adieu, auquel s\u2019invite un pope pour arroser de larges b\u00e9n\u00e9dictions avec son pinceau, les voyageurs et leur vaisseau. J\u2019ai cru assister au d\u00e9part de Christophe Colomb vers les Indes.<br>Le d\u00e9collage toujours impressionnant est suivi d\u2019images path\u00e9tiques des trois cosmonautes en position f\u0153tale dans leur minuscule diligence. Il faut rester engonc\u00e9 pendant 2 jours dans un scaphandre avant d\u2019atteindre les couloirs et les boyaux de la station promise. Etonnamment les visages sont concentr\u00e9s et sans \u00e9motion. Ils t\u00e9moignent l\u2019impatience de la libert\u00e9 des mouvements. Mais les gestes restent s\u00fbr et ma\u00eetris\u00e9s. La baguette du commandant pour appuyer sur les gros boutons d\u2019un autre \u00e2ge contraste avec la tablette num\u00e9rique qui donnent les instructions sous le regard v\u00e9rificateur du second \u00e0 bord qui conserve l\u2019usage du carnet en papier.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019arriv\u00e9e, \u00e0 bord de la station, les autres locataires pr\u00e9sents depuis des semaines, assurent l\u2019accueil avant de laisser pour la suite du reportage la cam\u00e9ra \u00e0 Thomas Pesquet. Les dialogues restent discrets. La parole est souvent donn\u00e9e \u00e0 Saint-Exup\u00e9ry pour ponctuer des parall\u00e8les entre l\u2019\u0153uvre du c\u00e9l\u00e8bre pilote et la vie des sensations \u00e0 bord. Le travail des astronautes est montr\u00e9 mais peu comment\u00e9 dans le d\u00e9tail. Seul comptent les impressions, les sentiments et les \u00e9motions comme la sc\u00e8ne de l\u2019anniversaire de Peggy, la coll\u00e8gue am\u00e9ricaine qui finit en larmes. La vie semble calme et paisible \u00e0 bord. Pourtant, c\u2019est cette introversion qui installe le relief au film et la tension chez le spectateur. Le frisson nous reprend lors des sorties dans l\u2019espace. Il faut mener \u00e0 bien des r\u00e9parations autour de la carlingue. Apr\u00e8s le fastidieux habillage des scaphandres de sortie, Thomas Pesquet filme en gros plan le besoin de s\u2019accrocher et assurer sa s\u00e9curit\u00e9. Pendant ce temps, une couverture de protection des scaphandres tombe de la porte de la station, se perd et s\u2019en va, glisse, s\u2019enfonce dans l\u2019espace en direction de la Terre comme une feuille morte. Le long suivi de cette perte contraste avec le danger qu\u2019elle repr\u00e9sentera pour les voyages futurs et les corrections qu\u2019il faudra donner aux trajectoires de la station et des satellites.<br>Le p\u00e9riple est fascinant, les vues sur la terre, les levers et les couchers de soleil sont d\u2019une beaut\u00e9 subtile et le silence qui les entoure ne cache pas l\u2019extr\u00eame faiblesse de la nature. L\u2019\u00e9paisseur ridicule de notre atmosph\u00e8re autour de notre plan\u00e8te surprend. Elle laisse entrevoir des nuages qui donnent la mesure de la fragilit\u00e9 de notre monde.<br>Apr\u00e8s un s\u00e9jour de pr\u00e8s de 200 jours, il faut redescendre. Le film montre \u00e0 nouveau nos cosmonautes qui prennent place dans les coques f\u0153tales de la diligence et se laisser glisser doucement vers l\u2019atmosph\u00e8re terrestre. L\u2019embrasement de la capsule n\u2019impressionne pas nos voyageurs pendant la descente mais ils sont bien \u00e9prouv\u00e9s, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, par le choc brutal du contact avec la terre et la reprise des sensations de la gravit\u00e9. La physique se d\u00e9montre par les exp\u00e9riences v\u00e9cues.<br>Le cin\u00e9aste Pierre-Emmanuel Le Goff nous livre avec ce film un magnifique montage co-r\u00e9alis\u00e9 avec son reporter, le spationaute Thomas Pesquet en personne. M\u00eame si l\u2019id\u00e9e de la contemplation associ\u00e9e \u00e0 la po\u00e9sie de Saint-Exup\u00e9ry est parfois un peu trop pr\u00e9sente et donne au film une touche trop artificielle, l\u2019espace continue \u00e0 nous faire r\u00eaver. Je vous invite au cin\u00e9ma. Vous sortirez de ce film, certainement comme moi, un peu en apesanteur et charm\u00e9e par l\u2019aventure.<\/p>\n\n\n\n<p>Roger HELLOT, octobre 2018.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;16 levers de Soleil&nbsp;\u00bb (Lecture: 6 mn) Allo l\u2019ISS, ici la Terre&nbsp;! Bonjour les cin\u00e9philes&nbsp;! 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