{"id":87,"date":"2018-11-24T16:07:21","date_gmt":"2018-11-24T15:07:21","guid":{"rendered":"https:\/\/terebellum.fr\/?p=87"},"modified":"2025-11-24T16:08:50","modified_gmt":"2025-11-24T15:08:50","slug":"allo-houston-ici-la-lune-bonjour-les-cinephiles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terebellum.fr\/index.php\/2018\/11\/24\/allo-houston-ici-la-lune-bonjour-les-cinephiles\/","title":{"rendered":"Allo Houston, ici la Lune\u00a0! Bonjour les cin\u00e9philes\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"691\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/terebellum.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Affiche-First-man-691x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-51\" style=\"width:254px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0First Man\u00a0\u00bb <em>(Lecture: 5 mn)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Allo Houston, ici la Lune&nbsp;! Bonjour les cin\u00e9philes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les \u00ab&nbsp;16 levers de Soleil&nbsp;\u00bb, le film de Pierre-Emmanuel Le Goff sur Thomas Pesquet le cin\u00e9ma nous g\u00e2te \u00e0 nouveau en ces mois d\u2019octobre et novembre 2018 avec un biopic autour de l\u2019alunissage et les premiers pas d\u2019\u00eatres humains sur la Lune. A 9 mois du cinquanti\u00e8me anniversaire de cet \u00e9v\u00e8nement, Damien Chazelle, cin\u00e9aste et r\u00e9alisateur franco-am\u00e9ricain, nous propose un long-m\u00e9trage de 2h20 sur Neil Armstrong, l\u2019astronaute am\u00e9ricain s\u00e9lectionn\u00e9 et choisi pour r\u00e9aliser l\u2019exploit. Interpr\u00e9t\u00e9 par Ryan Gosling dans le r\u00f4le de Neil, le film reprend le r\u00e9cit de James Hansen, \u00ab&nbsp;First Man : The Life of Neil Armstrong&nbsp;\u00bb, la biographie officielle du h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p>Je viens partager le plaisir d\u2019avoir vu ce film, car il apporte une nouvelle dimension \u00e0 la pr\u00e9sentation d\u2019un des plus grands \u00e9v\u00e8nements qui a marqu\u00e9 l\u2019adolescence de notre g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les premi\u00e8res sc\u00e8nes, on comprend bien que Damien Chazelle donne deux fils rouges \u00e0 sa cr\u00e9ation cin\u00e9matographique, la passion obsessionnelle de cet homme pour l\u2019aviation et le d\u00e9c\u00e8s de sa fille d\u2019une tumeur \u00e0 l\u2019\u00e2ge de deux ans et demi. Le m\u00e9lange subtil et bien dos\u00e9 de ces deux ingr\u00e9dients donne corps \u00e0 un film d\u2019action et d\u2019\u00e9motions qui pla\u00eet \u00e0 ceux qui \u00e9taient devant leur t\u00e9l\u00e9viseur en 1969 autant qu\u2019aux jeunes de nos jours qui s\u2019\u00e9tonnent comment ces carlingues branlantes pouvaient s\u00e9duire des fous.<br>En effet, les actions spectaculaires d\u00e9marrent dans un avion de test X-15 qui rebondit sur les couches de la stratosph\u00e8re, se poursuivent plus tard avec la capsule Gemini-8 qui subit les m\u00e9faits d\u2019un d\u00e9faut de stabilisation pour se finir avec la fus\u00e9e Saturne-5 et la capsule Appolo-11 qui permettent d\u2019atterrir le LEM sur la Lune et de revenir sur Terre. Dans l\u2019\u00e9preuve des actions, loin de tout m\u00e9lodrame, Damien Chazelle prend le parti de montrer les candidats astronautes d\u00e9termin\u00e9s et r\u00e9solus. Parfois dans une comp\u00e9tition et une rivalit\u00e9, parfois dans une confraternit\u00e9 de voisins, ils se c\u00f4toient sans exc\u00e8s souvent dans le silence, en attente des \u00e9preuves physiques \u00e9prouvantes qui finissent parfois par les emmener dans la mort. Les moments d\u2019exercices et de vols dans l\u2019espace alternent avec la vie de tous les jours en famille. Ce rythme accentu\u00e9 tant\u00f4t par les vaisseaux spatiaux, tant\u00f4t par les Cadillac des ann\u00e9es soixante met en relief la personnalit\u00e9 complexe, taciturne et introvertie de Neil Armstrong. Va-t-il dire \u00e0 ses enfants qu\u2019il part pour la Lune&nbsp;? L\u2019exigence de sa femme tourne au drame familial. Damien Chazelle raconte du vrai comme dans la sc\u00e8ne o\u00f9 Madame Armstrong vient faire un scandale dans les bureaux de la NASA pour qu\u2019on remette le son dans son haut-parleur, pr\u00eate \u00e0 \u00e9couter l\u2019\u00e9ventuelle mort en direct de son mari. Le courage des femmes et des \u00e9pouses, m\u00e8res de famille de l\u2019Am\u00e9rique des 30 glorieuses, contraste souvent avec l\u2019inconscience de leur boyscout de mari. La mort des h\u00e9ros est retir\u00e9e pour des flashs back avec la douceur cruelle du papa meurtri par la disparition de sa fille ch\u00e9rie. Nous ne saurons jamais ce qu\u2019Armstrong a fait au bord du crat\u00e8re sur la Lune aux bords si abrupts et profonds qu\u2019il n\u2019en voyait pas le fond. Y a-t-il vraiment jet\u00e9 le bracelet de sa fille&nbsp;? Nous ne le saurons jamais.<br>Le choix de Damien Chazelle de pr\u00e9senter Neil Armstrong comme un p\u00e8re troubl\u00e9, perturb\u00e9 et poursuivi par la douleur de sa fille est un choix romanesque et sc\u00e9nographique int\u00e9ressant. Il lui permet de sortir le h\u00e9ros am\u00e9ricain de sa sacro-sainte \u00e9toffe d\u2019invincibilit\u00e9. Il lui donne une dimension plus quotidienne. Il offre aussi aux femmes, m\u00eame si elles conservent un second r\u00f4le, une force d\u2019action, de remise en cause des codes masculins. Elles viennent bousculer les tendres machos et les retirer \u00e0 leurs jeux de m\u00e9cano pour les remettre devant leurs responsabilit\u00e9s terrestres. Ce choix donne sans aucun doute une dimension nouvelle au cin\u00e9ma d\u2019action.<br>Personnellement j\u2019aurai peut-\u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 moins d\u2019effets m\u00e9lodramatiques au profit d\u2019une \u00e9tude plus approfondie de ce personnage qu\u2019\u00e9tait Neil Armstrong. Il y avait moyen avec le contexte de cette aventure humaine pendant la guerre froide de donner une autre dimension historique et cin\u00e9matographique \u00e0 un \u00eatre humain masculin caract\u00e9ris\u00e9 par une personnalit\u00e9 aussi typ\u00e9e. Neil Armstrong \u00e9tait, il est vrai, r\u00e9serv\u00e9 et impersonnel, plut\u00f4t distant et d\u00e9tach\u00e9, obnubil\u00e9 par une passion devenue obsessionnelle qui faisait de lui un homme solitaire et souvent introverti. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 Andre\u00ef Tarkovski qui r\u00e9alisa \u00ab&nbsp;Solaris&nbsp;\u00bb en 1972, un long m\u00e9trage \u00e0 partir du r\u00e9cit de Stalislam Lem sur un voyage spatial troubl\u00e9 par les myst\u00e8res de la personnalit\u00e9 humaine. Le sujet f\u00fbt d\u2019ailleurs repris en 2002 par Steven Soderbergh avec Georges Clooney comme acteur. Je ne souhaite pas opposer science-fiction et biopic romanc\u00e9, mais il y avait avec Neil Armstrong et son voyage sur la Lune, mati\u00e8re et occasion d\u2019aller plus loin dans la repr\u00e9sentation cin\u00e9matographique d\u2019un v\u00e9cu extraordinaire pour un \u00eatre humain qui n\u2019\u00e9tait pas moins un homme, un mari, un p\u00e8re de famille \u00e0 sa fa\u00e7on, une identit\u00e9 qui faisait de lui un homme non pas ordinaire mais commun au sens qu\u2019il pourrait nous croiser \u00e0 chaque instant avec ses qualit\u00e9s et ses nombreux d\u00e9fauts. \u00ab&nbsp;First man&nbsp;\u00bb reste n\u00e9anmoins un tr\u00e8s beau film \u00e0 voir absolument.<\/p>\n\n\n\n<p>Roger Hellot, novembre 2018.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0First Man\u00a0\u00bb (Lecture: 5 mn) Allo Houston, ici la Lune&nbsp;! Bonjour les cin\u00e9philes&nbsp;! 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